First-hand account from the Musee Rodin:
Working on a major Moore exhibition
Lucile Gouge worked as a Communications intern at the Musee Rodin during 2010. Here is her account of the preparations for their exhibition 'Henry Moore L'Atelier: Sculptures et Dessins'. Lucile's English text is followed by the original French.
"I spent six months as an intern in the Communications Department of the Rodin Museum, Paris, helping prepare the launch and communications plan of the exhibition Henry Moore's studio.
I didn't know anything about Henry Moore before I began on this. I wasn't able to place him in any artistic period, style, or movement. I saw his work for the first time when pictures from the Henry Moore Foundation arrived, detailing the works we were going to show. The curving, gentle lines; the balance between fullness and space; and the organic look of Moore's sculptures won me over immediately.
Henry Moore although recognised as a great sculptor is not universally known to the French public. I wanted to share my own enjoyment in discovering the work with others, so we incorporated this into our team's communications plan.
At first, we focused on the pictures of the works. We choose one for the poster, others for the museum website, and others for press use.
The Foundation's pictures were good, and as a result we were happy with the way the first articles on the exhibition looked when they were published.
The press were very interested in the subject, and asked for more and more images and background. As a result we decided to bring some of them to the artist's studios, to the enchanting place in Hertfordshire, England, where The Henry Moore Foundation is based today.
A team of 15 journalists was assembled, and we went to Perry Green, a hamlet in Hertfordshire, less than a hour from London. We found an exceptional setting there: in the midst of a light fog, fields around us, the monumental sculptures standing among peaceful sheep. Everyone was delighted, disoriented, even the more sceptical journalists 'converted'.
From one sculpture to another, from the studio to the artist's house, from interviews to film crews, we spent the whole day in that magic place. On the way back, all of us were on a different planet ! It felt like an intense aesthetic experience, as the articles and columns written afterwards by press demonstrated.
Another exciting moment in the preparation of the show was the installation of the works themselves in Paris.
Both the monumental The Arch and Locking Piece, shown in the Biron Court, required special handling. I think The Arch required the most hard work because of its height and form. A big transporter appeared in the court of the museum and bearing the three parts of the sculpture successively, the team working long hours in order to put them together. The conservators worked to assemble the different pieces, slotting them in the right way, like a building game; fixing bolts in different places, even sometimes going up through the inside of the piece!
Then, after putting everything together, the two long feet of the work were positioned on the ground and the huge crane finished the installation of this imposing piece: 19 feet high.
As far as the plasters go, seeing them for real was another surprise, especially because of the colours, and the way the material had been treated by Moore. We couldn't really appreciate that from the pictures. Green, beige and brown finishes with infinite shades create contrast to the blue-gray colour chosen for the walls of the exhibition gallery at the Rodin Museum. The material is amazing and those surfaces, sometimes smooth, sometimes scarified, make you long to touch them: it is hard to accept it is plaster !
This magnificient exhibition captures so aptly the intimate, touching and varied atmosphere at Henry Moore's studio."
Original French text:
"J’ai passé six mois à préparer le lancement et le plan communication de l’exposition Henry Moore, l’atelier en tant que stagiaire au service communication du musée Rodin.
Je ne savais rien d’Henry Moore en arrivant. J’étais incapable de le situer dans une époque précise, un genre esthétique, une pensée. Je n’avais donc que mes yeux pour apprécier son œuvre, que j’ai découverte en voyant pour la première fois les photos des œuvres que nous allions exposer et que la Fondation Henry Moore nous envoyait. Les lignes courbes et douces, l’équilibre entre le vide et la plénitude des formes, l’aspect organique des sculptures de Moore m’ont tout de suite conquise.
Henry Moore n’est pas connu de tous les publics, particulièrement en France, et j’ai tout de suite senti que le plaisir esthétique suscité par ses sculptures avait quelque chose d’universel et que ce devrait être un élément essentiel de notre plan de communication.
Dans un premier temps, nous nous sommes donc concentrés sur les photos des œuvres. Nous avons choisi celle qui serait utilisée pour l’affiche, celles qui seraient sur le site Internet du musée, celles qui seraient disponibles pour la presse. Les photos de la Fondation étaient très belles et nous étions contents de leur rendu dès les premiers articles parus dans la presse au sujet de l’expo.
Les journalistes semblaient très intéressés et demandaient toujours plus de photos et d’informations. Nous avons donc eu l’idée de leur faire découvrir l’ancien atelier du sculpteur, établi sur des lieux enchanteurs qui hébergent aujourd’hui le siège de la Fondation Henry Moore. Après avoir constitué une équipe d’une quinzaine de journalistes, nous sommes partis pour Perry Green, un hameau charmant au cœur du Hertfordshire, accessible de Londres en moins d’une heure. Là nous attendait un cadre exceptionnel : au milieu d’un léger brouillard, s’étendaient des prairies peuplées de moutons d’où surgissaient les sculptures monumentales de Moore. Tout le monde a été littéralement sous le charme, déboussolé, jusqu’aux journalistes les plus sceptiques. De sculpture en sculpture, de l’atelier à la maison de l’artiste, d’interviews en tournages, nous avons passé toute la journée sur ce site magique. Sur le trajet du retour on était tous sur une autre planète ! Je pense que ça a été un moment d’émotion esthétique intense pour tout le monde et les articles et chroniques parus après ce voyage le confirment...
Enfin dernier grand moment de la préparation de l’exposition, c’est l’installation des œuvres. Les deux œuvres monumentales exposées dans la cour de l’hôtel Biron, The Arch et Locking Piece ont demandé un traitement particulier. Je crois que c’est The Arch qui a demandé le plus de travail, à cause de sa hauteur et de sa forme. Un gros camion-grue a fait irruption dans le musée et a soutenu, successivement et pendant de longues heures, les trois parties de la sculpture afin que l’on puisse les assembler. L’équipe s’affairait autour pour attraper les pièces à raccorder, les mettre dans le bon sens comme dans un jeu de construction et fixer des boulons un peu partout, quitte à se hisser jusqu’en haut de la sculpture, en passant par l’intérieur ! Puis quand tout a été assemblé, il a fallu guider les deux grandes pattes au sol et le bras de la grue a relevé d’un coup cette imposante pièce de six mètres de haut. Quant aux sculptures en plâtres, les voir en vrai a été une nouvelle surprise, en particulier en ce qui concerne la couleur et le traitement de la matière, ce qui n’était pas vraiment perceptible sur les photos. Des patines vertes, beiges, brunes aux nuances infinies ressortent sur les tons gris-bleu qui ont été choisis pour la peinture de la salle d’exposition. La matière est étonnante, et ces surfaces tantôt lisses, tantôt comme scarifiées, qu’on meurt d’envie de toucher, difficile à croire que c’est du plâtre !
Cette exposition magnifique évoque à merveille l’atmosphère intime, douce, et à la fois contrastée de l’atelier du sculpteur."